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La FIFA et la corruption

Alors que les États-Unis étaient les mieux placés pour obtenir la Coupe du Monde 2022, c'est le Qatar qui, à la surprise générale, remporte en 2010 le droit d'organiser la précieuse compétition. Parmi les arguments forts de leur campagne, l'idée d'une grande avancée pour le football : le Qatar devenant le premier pays arabe à organiser un mondial. Autre argument, la proximité entre les 8 stades (encore à construire à l'époque) facilitant les déplacements des joueurs comme des supporters. Mais derrière ces beaux discours se cache peut-être une toute autre réalité. En effet, une suspicion de corruption plane sur cette édition. Le Qatar a-t-il obtenu la compétition dans les règles de l’art ? Pour rappel, l’attribution de la dernière édition (2018), organisée en Russie, était déjà questionnable. Une équipe russe qui, pour l’anecdote, n’aura pas l’occasion de participer cette année. Pour l’heure, aucune condamnation n’a été prononcée, mais de nombreuses enquêtes ont été menées dès 2010. Le 23 novembre 2010, un déjeuner organisé par le Président Nicolas Sarkozy se tient à l’Elysée, en présence de Michel Platini (alors président de l’UEFA), Tamim Ben Hamad, l’actuel émir du Qatar et son premier ministre. Quelques jours plus tard, le Qatar est désigné pour accueillir la Coupe du Monde. Dans la foulée, le PSG est racheté par “Qatar Sports Investments” et Laurent Platini, fils de Michel Platini, devient directeur général de l'équipementier qatari Burrda Sport. Difficile de ne pas avoir de relation de cause à effet entre ces éléments, pour le moins troublants. En 2015, la Suisse et la France lancent une procédure pénale pour “soupçon de gestion déloyale et blanchiment d’argent”. Malgré de nombreux signes de corruption, aucun jugement n’a jamais été rendu. En mars 2020, le procureur fédéral de Brooklyn déclare que plusieurs membres du comité exécutif de la FIFA ont été soudoyés pour les votes. Il accuse également le Brésil, le Paraguay et l’Argentine d’avoir reçu des pots-de-vin en échange de leur voix. En dépit de toutes ces accusations, les Qataris continuent d’affirmer que rien n’a jamais été prouvé.

 

Les droits de l’Homme

Le Qatar est un petit émirat du Moyen-Orient, situé à l’Est de l’Arabie Saoudite. Connu pour ses richesses et ses dirigeants excentriques, il est important d’observer de plus près l’éthique morale du pays. Très rapidement, on constate que les droits de l’homme sont assez limités et qu’il existe énormément de discrimination envers les femmes et les personnes LGBTQIA+. Si la situation s’est relativement améliorée ces dernières décennies, elle reste néanmoins alarmante. Il faut savoir que les femmes sont toujours sous la tutelle d’un membre masculin: père, frère, grand-père, mari, etc. Elles doivent donc obtenir la permission de leur tuteur pour un grand nombre de choix de vie: se marier, faire des études à l’étranger via des bourses, travailler dans de nombreux secteurs de la fonction publique et même pour recevoir certains soins médicaux spécifiques. En revanche, elles n’ont pas la tutelle de leurs propres enfants, même en tant que veuve. À l’inverse, un homme peut avoir jusqu’à quatre épouses, sans rendre de compte à personne. En mars 2021, le gouvernement  Qatari a promis d’ouvrir une enquête sur la discrimination des femmes mais jusqu’à présent rien n’a été encore mis en place. La condition des personnes LGBTQIA+ est encore plus désastreuse. Si bien, que Josh Cavallo, le seul footballeur professionnel au monde à avoir révélé son homosexualité, affirme avoir “peur de jouer au Qatar”. Encore une fois, le Qatar tente de sauver la face, affirmant que tout le monde se sentirait en sécurité lors de ce mondial. Mais comment faire confiance à ce pays qui estime que les “actes homosexuels” sont illégaux et peuvent aller de la punition corporelle à la peine de mort, dans le cas des personnes de confession musulmane. Le responsable de la sécurité du Mondial, Abdullah Al Ansari, a récemment fait une déclaration qui semble déjà revenir sur les promesses de sécurité assurées par les Qataris. Il affirme que si un supporter LGBTQIA+ sort un drapeau, il est fort probable qu’on le lui enlève. Non pas pour l’offenser mais pour le protéger des autres spectateurs qui pourraient l’agresser. Il ajoute ensuite qu’ils sont là pour regarder un match de foot et pas manifester, auquel cas ils peuvent le faire dans un pays où cela est accepté. Difficile de ne pas s’inquiéter de la sécurité lors de ce mondial.

 

Les chantiers de la mort 

Choisi pour accueillir la compétition dès 2010, le Qatar se lançait dans un gigantesque chantier. En effet, l’émirat n’avait pas de stades et n’était pas en mesure d'accueillir des milliers de personnes. Pour entamer ces travaux pharaoniques et mettre sur pied les huits stades, l’émirat a fait massivement appel à des ouvriers étrangers, notamment d’Inde, du Pakistan ou encore des Philipinnes. Si bien, que la population qatarie est essentiellement étrangère. Lancés dans un chantier monumental, les ouvriers ont dû travailler dans des conditions épouvantables, enchaînant des journées de 18 heures sous des températures dépassant les 40°C. Le tout pour un salaire de misère, autour de 150 euros. Pire encore, bon nombre d'entre eux se sont vu confisquer leur passeports par leurs employés. Un travail que certains observateurs qualifient d’esclavagisme moderne. Depuis le début du chantier, 6500 ouvriers seraient décédés dont 37 morts activement sur le chantier.

 

L’impact écologique

Habituellement organisée entre juin et juillet, la Coupe du Monde se déroulera en hiver pour la première fois de son histoire. Il faut dire qu'en été les températures peuvent dépasser les 45°C au Qatar. C'est pourquoi la FIFA a programmé cette édition du 21 novembre au 18 décembre, période à laquelle les températures avoisinent tout de même les 25/30°C. Pour assurer des conditions de jeu idéales, l'organisation qatarie a construit des stades entièrement climatisés. Evidemment, cette climatisation à grande échelle génère d'importantes dépenses énergétiques et provoque une hausse des températures dans les villes avoisinantes; toute la chaleur intérieure des stades étant pompée, puis rejetée. Une méthode de climatisation à laquelle les Qataris ont également recours pour rafraîchir les rues des villes, depuis plusieurs années déjà. Il faut savoir que le Qatar est le pays rejetant le plus de CO, par habitant dans l'atmosphère. Ces rejets étaient déjà de l'ordre de 45 tonnes métriques par habitant en 2014, quand la moyenne mondiale s'élevait à 5 tonnes. En cause, un niveau de consommation par habitant très élevé ainsi qu'une forte extraction d'hydrocarbures, très énergivore. Une question demeure concernant les huit stades, conçus expressément pour cette compétition : que vont-ils devenir après? D'après le Qatar, le stade Ras Abu Adoub, construit à partir de conteneurs, de sièges amovibles et d'autres éléments modulaires va être entièrement démonté et offert au Maroc. Lusail Iconic, un stade de 80 000 places, deviendrait un complexe hybride entre cité sportive, salle de spectacle, clinique et peut-être même une école. Pour ce qui est des autres stades, ils verront leur capacité d'accueil réduite à l'issue de la compétition au risque de prendre la poussière (ou le sable, en l'occurrence).

 

Faut-il boycotter la Coupe du Monde?

La question mérite d'être posée, tant les zones d'ombre sont nombreuses. D'autant plus qu'il s'agit de la compétition la plus regardée dans le monde. Il faut dire que le boycott n'est pas très habituel dans l'histoire du sport. Quelques exemples sont à citer, mais il s'agit principalement d'un boycott diplomatique, exercé par les délégations et plus rarement par les athlètes. Dernier exemple en date, les JO d'hiver à Pékin, boudés par certains officiels (USA, Royaume-Uni, Canada, etc) en signe de protestation contre la répression chinoise envers les Ouïghours. Quelques équipes nationales, comme la Suède, le Danemark, la Finlande, l'Islande et la Norvège ont émis quelques critiques envers le mondial, sans réel impact. Lors des phases éliminatoires de la compétition, les joueurs allemands et norvégiens se sont affichés avec des maillots taggés « droits de l'homme », en référence aux conditions de travail sur les chantiers de construction. Mais ces actions isolées sont restées sans suite. La Norvège avait toutefois annoncé vouloir boycotter la compétition, mais ne s'est de toute façon pas qualifiée. Côté sponsors, le boycott est très timide. Aucun d'entre eux n'a rompu son contrat avec les dirigeants qataris. Ils marquent essentiellement leur désaccord en annulant la présence de leurs employés sur place ou en réduisant la campagne de publicité de l'événement. C'est notamment le cas des marques ING, Car- refour ou encore Proximus. Aucune réaction non plus des institutions mondiales du football ou des stars du ballon rond, qui étaient peut-être les mieux placés pour s'opposer au projet. Certains joueurs pourraient avoir un réel impact s'ils décidaient de marquer fermement leur désaccord. En effet, quelques noms pèsent lourdement dans le monde du football et pourraient être suivis par de nombreux autres joueurs. Mais aucun ne semble se lancer.. Ainsi, à la question "faut-il boycotter cet événement ?". Beaucoup d'experts, de journalistes et de consultants sportifs avancent qu'il est déjà trop tard pour agir : rien n'arrêtera cette machine bien huilée. Néanmoins, il appartient à chacun de nous de décider si, personnellement, il la soutiendra ou non. La logique voudrait que l'on refuse à la source ce genre de candidature peu éthique, mais force est de constater que d'autres intérêts dominent.

faenwen
Resp. Rédaction de CITYWISH
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